Aimer a perdre la raison....Jean ferrat

Aimer a perdre la raison....Jean ferrat

Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
A n'avoir que toi d'horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison

Ah c'est toujours toi que l'on blesse
C'est toujours ton miroir brisé
Mon pauvre bonheur, ma faiblesse
Toi qu'on insulte et qu'on délaisse
Dans toute chair martyrisée

Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
A n'avoir que toi d'horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison

La faim, la fatigue et le froid
Toutes les misères du monde
C'est par mon amour que j'y crois
En elle je porte ma croix
Et de leurs nuits ma nuit se fonde

Aimer à perdre la raison
Aimer à n'en savoir que dire
A n'avoir que toi d'horizon
Et ne connaître de saisons
Que par la douleur du partir
Aimer à perdre la raison

# Posté le samedi 14 juillet 2007 21:36

Guy de Maupassant

Guy de Maupassant
Un jeune homme marchait le long du boulevard
Et sans songer à rien, il allait seul et vite,
N'effleurant même pas de son vague regard
Ces filles dont le rire en passant vous invite.

Mais un parfum si doux le frappa tout à coup
Qu'il releva les yeux. Une femme divine
Passait. A parler franc, il ne vit que son cou ;
Il était souple et rond sur une taille fine.

Il la suivit - pourquoi ? - Pour rien ; ainsi qu'on suit
Un joli pied cambré qui trottine et qui fuit,
Un bout de jupon blanc qui passe et se trémousse.
On suit ; c'est un instinct d'amour qui nous y pousse.

Il cherchait son histoire en regardant ses bas.
Élégante ? Beaucoup le sont. - La destinée
L'avait-elle fait naître en haut ou bien en bas ?
Pauvre mais déshonnête, ou sage et fortunée ?

Mais, comme elle entendait un pas suivre le sien,
Elle se retourna. C'était une merveille.
Il sentit en son coeur naître comme un lien
Et voulut lui parler, sachant bien que l'oreille

Est le chemin de l'âme. Ils furent séparés
Par un attroupement au détour d'une rue.
Lorsqu'il eut bien maudit les badauds désoeuvrés
Et qu'il chercha sa dame, elle était disparue.

Il ressentit d'abord un véritable ennui,
Puis, comme une âme en peine, erra de place en place,
Se rafraîchit le front aux fontaines Wallace,
Et rentra se coucher fort avant dans la nuit.

Vous direz qu'il avait l'âme trop ingénue ;
Si l'on ne rêvait point, que ferait-on souvent ?
Mais n'est-il pas charmant, lorsque gémit le vent,
De rêver, près du feu, d'une belle inconnue ?

De ce moment si court, huit jours il fut heureux.
Autour de lui dansait l'essaim brillant des songes
Qui sans cesse éveillait en son coeur amoureux
Les pensers les plus doux et les plus doux mensonges.

Ses rêves étaient sots à dormir tout debout ;
Il bâtissait sans fin de grandes aventures.
Lorsque l'âme est naïve et qu'un sang jeune bout,
Notre espoir se nourrit aux folles impostures.

Il la suivait alors aux pays étrangers ;
Ensemble ils visitaient les plaines de l'Hellade
Et comme un chevalier d'une ancienne ballade
Il l'arrachait toujours à d'étranges dangers.

Parfois au flanc des monts, au bord d'un précipice,
Ils allaient échangeant de doux propos d'amour ;
Souvent même il savait saisir l'instant propice
Pour ravir un baiser qu'on lui rendait toujours.

Puis, les mains dans les mains, et penchés aux portières
D'une chaise de poste emportée au galop,
Ils restaient là songeurs durant des nuits entières,
Car la lune brillait et se mirait dans l'eau.

Tantôt il la voyait, rêveuse châtelaine,
Aux balustres sculptés des gothiques balcons ;
Tantôt folle et légère et suivant par la plaine
Le lévrier rapide ou le vol des faucons.

Page, il avait l'esprit de se faire aimer d'elle ;
La dame au vieux baron était vite infidèle.
Il la suivait partout, et dans les grands bois sourds
Avec sa châtelaine il s'égarait toujours.

Pendant huit jours entiers il rêva de la sorte,
A ses meilleurs amis il défendait sa porte ;
Ne recevait personne, et quelquefois, le soir,
Sur un vieux banc désert, seul, il allait s'asseoir.

Un matin, il était encore de bonne heure,
Il s'éveillait, bâillant et se frottant les yeux ;
Une troupe d'amis envahit sa demeure
Parlant tous à la fois, avec des cris joyeux.

Le plan du jour était d'aller à la campagne,
D'essayer un canot et d'errer dans les bois,
De scandaliser fort les honnêtes bourgeois,
Et de dîner sur l'herbe avec glace et champagne.

Il répondit d'abord, plein d'un parfait dédain,
Que leur fête pour lui n'était guère attrayante ;
Mais quand il vit partir la cohorte bruyante,
Et qu'il se trouva seul, il réfléchit soudain

Qu'on est bien pour songer sur les berges fleuries,.
Et que l'eau qui s'écoule et fuit en murmurant
Soulève mollement les tristes rêveries
Comme des rameaux morts qu'emporte le courant ;

Et que c'est une ivresse entraînante et profonde
De courir au hasard et boire à pleins poumons
Le grand air libre et pur qui va des prés aux monts,
L'âpre senteur des foins et la fraîcheur de l'onde ;

Que la rive murmure et fait un bruit charmant,
Qu'aux chansons des rameurs les peines sont bercées,
Et que l'esprit s'égare et flotte doucement,
Comme au courant du fleuve, au courant des pensées.

Alors il appela son groom, sauta du lit,
S'habilla, déjeuna, se rendit à la gare,
Partit tranquillement en fumant un cigare,
Et retrouva bientôt tout son monde à Marly.

Des larmes de la nuit la plaine était humide ;
Une brume légère au loin flottait encor ;
Les gais oiseaux chantaient ; et le beau soleil d'or
Jetait mainte étincelle à l'eau fraîche et limpide.

Lorsque la sève monte et que le bois verdit,
Que de tous les côtés la grande vie éclate,
Quand au soleil levant tout chante et resplendit,
Le corps est plein de joie et l'âme se dilate.

Il est vrai qu'il avait noblement déjeuné,
Quelques vapeurs de vin lui montaient à la tête ;
L'air des champs pour finir lui mit le coeur en fête,
Quand au courant du fleuve il se vit entraîné.

Le canot lentement allait à la dérive ;
Un vent léger faisait murmurer les roseaux,
Peuple frêle et chantant qui grandit sur la rive
Et qui puise son âme au sein calme des eaux.

Vint le tour des rameurs, et, suivant la coutume,
Leur chant rythmé frappa l'écho des environs ;
Et, conduits par la voix, dans l'eau blanche d'écume
De moment en moment tombaient les avirons.

Enfin, comme on songeait à gagner la cuisine,
D'autres canots soudain passèrent auprès d'eux ;
Un rire aigu partit d'une barque voisine
Et s'en vint droit au coeur frapper mon amoureux.

Elle ! dans une barque ! Étendue à l'arrière,
Elle tenait la barre et passait en chantant !
Il resta consterné, pâle et le coeur battant,
Pendant que sa Beauté fuyait sur la rivière.

Il était triste encore à l'heure du dîner !
On s'arrêta devant une petite auberge,
Dans un jardin charmant par des vignes borné,
Ombragé de tilleuls, et qui longeait la berge.

Mais d'autres canotiers étaient déjà venus`
Ils lançaient des jurons d'une voix formidable,
Et, faisant un grand bruit, ils préparaient la table
Qu'ils soulevaient parfois de leurs bras forts et nus.

Elle était avec eux et buvait une absinthe !
Il demeura muet. La drôlesse sourit,
L'appela. - Lui restait stupide. - Elle reprit :
"Çà, tu me prenais donc, nigaud, pour une Sainte ?"

Or il s'approcha d'elle en tremblant ; il dîna
A ses côtés, et même au dessert s'étonna
De l'avoir pu rêver d'une haute famille,
Car elle était charmante, et gaie, et bonne fille.

Elle disait : "Mon singe", et "mon rat", et "mon chat",
Lui donnait à manger au bout de sa fourchette.
Ils partirent, le soir, tous les deux en cachette,
Et l'on ne sut jamais dans quel lit il coucha !

Poète au coeur naïf il cherchait une perle ;
Trouvant un bijou faux, il le prit et fit bien.
J'approuve le bon sens de cet adage ancien :
"Quand on n'a pas de grive, il faut manger un merle."

# Posté le dimanche 15 juillet 2007 07:40

pour mon papa cheri:JE T'AIME

pour mon papa cheri:JE T'AIME
Daniel Guichard " Mon vieux "





Dans son vieux pardessus râpé
Il s'en allait l'hiver, l'été
Dans le petit matin frileux
Mon vieux.

Y avait qu'un dimanche par semaine
Les autres jours, c'était la graine
Qu'il allait gagner comme on peut
Mon vieux.

L'été, on allait voir la mer
Tu vois c'était pas la misère
C'était pas non plus l'paradis
Hé oui tant pis.

Dans son vieux pardessus râpé
Il a pris pendant des années
L'même autobus de banlieue
Mon vieux.

L'soir en rentrant du boulot
Il s'asseyait sans dire un mot
Il était du genre silencieux
Mon vieux.

Les dimanches étaient monotones
On n'recevait jamais personne
Ça n'le rendait pas malheureux
Je crois, mon vieux.

Dans son vieux pardessus râpé
Les jours de paye quand il rentrait
On l'entendait gueuler un peu
Mon vieux.

Nous, on connaissait la chanson
Tout y passait, bourgeois, patrons,
La gauche, la droite, même le bon Dieu
Avec mon vieux.

Chez nous y avait pas la télé
C'est dehors que j'allais chercher
Pendant quelques heures l'évasion
Tu sais, c'est con!

Dire que j'ai passé des années
A côté de lui sans le r'garder
On a à peine ouvert les yeux
Nous deux.

J'aurais pu c'était pas malin
Faire avec lui un bout d'chemin
Ça l'aurait p't'-êt' rendu heureux
Mon vieux.

Mais quand on a juste quinze ans
On n'a pas le c½ur assez grand
Pour y loger tout's ces chos's-là
Tu vois.

Maintenant qu'il est loin d'ici
En pensant à tout ça, j'me dis
"J'aim'rais bien qu'il soit près de moi"
PAPA...
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# Posté le samedi 28 juillet 2007 17:26

fall again de michael jackson

Michael Jackson " Fall Again "




Feels like a fire that burns in my heart
Every single moment that we spend apart
I need you around for every day to start
I haven't left you alone

SOMETHING ABOUT YOU, starin' in your eyes
And everything I'm looking for I seem to find
All this time away is killing me inside
I need your love in my life

I wanna spend time till it ends
I wanna fall with you again
Like we did when we first met
I wanna fall with you again

We fought in a battle, but nobody won
Left ourselves a mountain to be overcome
You can't run away, the past is said and done
I need us to carry on

I wanna spend time till it ends
I wanna fall with you again
Like we did when we first met
I wanna fall with you again

You'll try everything
You never thought it before
When you live, when you love, and you give them your all
You can always give up some more

BABY nothing means anything
Unless you're here TO SHARE with me
I can breathe, I can bleed, I can die in my sleep
Cause you're always there in my dreams

I wanna spend time till it ends
I wanna fall with you again
Like we did when we first met
I wanna fall with you again

I wanna spend time till it ends
I wanna fall with you again
Like we did when we first met
I wanna fall with you again

All that I find here in my heart
This could be a great song

# Posté le samedi 28 juillet 2007 17:32